Actualité Politique Législatives 2012 RSS LÉGISLATIVES - L'UMP face à la tentation du FN Le Point.fr - Publié le 11/06/2012 à 07:06 - Modifié le 11/06/2012 à 11:30 L'UMP devrait opter pour la

Publié le par regis-andre

François Fillon et Jean-François Copé ont répété dimanche soir qu'il n'y aurait pas d'alliance entre l'UMP et le FN pour le second tour des législatives. Reste à voir si la consigne sera suivie localement.

François Fillon et Jean-François Copé ont répété dimanche soir qu'il n'y aurait pas d'alliance entre l'UMP et le FN pour le second tour des législatives. Reste à voir si la consigne sera suivie localement. © AFP


C'est la semaine de tous les dangers. Au lendemain du premier tour des législatives, l'UMP se réunit lundi après-midi en bureau politique pour plancher sur la question de son positionnement vis-à-vis du Front national. Dimanche, l'UMP et ses alliés de droite ont obtenu environ 34,07 % des voix (contre 45,6 % pour la gauche) tandis que le FN a remporté 13,6 % des suffrages. Le FN s'est qualifié au second tour dans 61 circonscriptions sur 577, dont 32 en triangulaire et 29 dans le cadre de duels.

Sauf surprise, lors du bureau politique, les responsables de l'UMP devraient opter pour la ligne du "ni, ni" en cas de duel PS-FN dimanche 17 juin : ni FN, ni Front républicain anti-FN. "Je n'appellerai jamais à voter pour des candidats qui proposent des solutions folles, comme la fin de l'Europe, la sortie de la monnaie européenne, le repli sur soi, mais je n'accepterai pas non plus d'appeler à voter pour des candidats socialistes qui seraient alliés ouvertement avec le Front de gauche", a souligné dimanche soir l'ex-Premier ministre François Fillon. "Il n'y aura pas d'alliance avec le Front national du point de vue électoral", a renchéri le secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé. En cas de triangulaire pour le second tour, les deux hommes forts de l'UMP ont annoncé que les candidats du parti devraient se maintenir partout où ils sont qualifiés.

Vers des accords locaux UMP-FN ?

Adoptée par Nicolas Sarkozy lors des élections cantonales de mars 2011, cette position du "ni, ni" avait été critiquée en interne, notamment par François Fillon ou encore par Nathalie Kosciusko-Morizet, qui avaient appelé à faire barrage au parti de Marine Le Pen. L'unité de la famille UMP sera-t-elle préservée pendant l'entre-deux-tours des législatives ? Rien n'est moins sûr. Le bureau politique - convoqué à 15 heures - pourrait être houleux. La sénatrice UMP Chantal Jouanno a déjà prévenu qu'elle se battrait pour la mise en place "d'un barrage absolu" au FN au second tour des législatives.

Les partisans d'un accord avec le FN pourraient aussi donner de la voix. "Le père n'est pas la fille et le temps a passé", a affirmé l'ex-ministre Gérard Longuet dimanche soir sur i>Télé, répétant ainsi qu'il voyait une différence entre Jean-Marie Le Pen et Marine Le Pen. Sur le plan local, la tentation d'une alliance avec le FN pour barrer la route à la gauche existe bel et bien. Selon de récents sondages, quelque 60 % des sympathisants UMP seraient favorables à une alliance avec le FN. Ainsi, le député UMP sortant de la 2e circonscription du Gard, Étienne Mourrut, bien que qualifié pour le second tour, loin derrière Gilbert Collard (FN) et le PS, a déclaré qu'il "hésitait" à maintenir sa candidature. "Non, je ne consulterai pas les instances nationales pour prendre ma décision. C'est nous, à la base, qui allons décider", a-t-il insisté. Roland Chassain, candidat UMP dans la 16e circonscription des Bouches-du-Rhône, pourrait aussi se désister en faveur du candidat FN afin de faire barrage au socialiste Michel Vauzelle qui a remporté 38,40 % des voix.

Nombre de ténors de l'UMP sont bien conscients de cette réalité qu'ils côtoient sur le terrain. Un haut responsable du parti met les points sur les "i". "Il faut être pédagogue et expliquer à nos militants la différence entre un mouvement populisme - qui signifie suivre le peuple - et un mouvement populaire, comme l'est l'UMP - qui signifie "incarner" le peuple. L'UMP ne doit pas suivre l'air du temps. L'UMP ne gagnera des élections que si elle reste elle-même." Et de conclure : "Il faut éviter que nous soit fait le reproche d'avoir refusé une alliance avec le FN. L'après-législatives ne doit pas devenir plus douloureux pour l'UMP que la défaite de la présidentielle."

Le Pen veut faire exploser l'UMP

L'ex-candidate FN à l'Élysée entend d'ailleurs tout faire pour s'engouffrer dans la brèche. Son objectif ? Contribuer à l'éclatement de l'UMP en contraignant des députés appartenant à son aile droite à s'allier avec elle pour sauver leur siège dimanche 17 juin. Elle espère aussi que les électeurs de l'UMP voteront massivement pour le candidat FN dans les circonscriptions où il y aura un duel avec le PS. "Les dirigeants de l'UMP sont déconnectés de la base. Ce que veulent les électeurs de droite, c'est faire barrage à la gauche", veut croire un stratège frontiste.

Pour tenter de placer l'état-major de l'UMP devant ses contradictions, Marine Le Pen pourrait décider, afin de faire perdre les socialistes, de soutenir au second tour des candidats UMP dans des circonscriptions où les siens n'ont pu se maintenir. "Nous ne nous interdisons rien. Nous ferons la différence entre les candidats qui nous paraissent être sincères dans leur démarche et les autres", expliquait la semaine dernière la présidente du FN à ce sujet. Les dirigeants frontistes étudieront cette question lundi après-midi lors d'un bureau politique. Une chose est certaine : le FN veut user au maximum de sa capacité de nuisance jusqu'au second tour des législatives. Et peut-être continuer sur les bancs de l'Assemblée, d'où il est absent depuis 1989.

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