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Publié le par regis-andre

La nouvelle équipe : sans état de grâce, mais très populaire

1 - Si le Président (61% de bonnes opinions) et le Premier ministre (65%) ne bénéficient pas d'un état de grâce comparable à celui qu'ont vécu leurs prédécesseurs, ils disposent de hauts niveaux de popularité

 
La nouvelle équipe qui s'installe au pouvoir ne connait pas « l'état de grâce » vécu par nombre d'équipes précédentes.
Les baromètres réalisés par certains confrères mesurant non pas l'image ou l'opinion comme dans notre baromètre mais « l'action en tant que Président ou Premier ministre » montrent clairement un « retard » d'une dizaine de points entre le niveau de Hollande et Ayrault en mai 2012 et celui de Sarkozy et Fillon en mai 2007.

Dans le dernier baromètre Ipsos-Le Point publié le 21 mai dernier, Hollande dispose ainsi de « seulement » 53% de jugements favorables alors que Sarkozy était crédité 5 ans auparavant de 64% de jugements favorables. Réciproquement, Ayrault ne disposait dans ce baromètre « que » de 50% de jugements favorables alors que Fillon en comptait 60% en mai 2007.
De la même manière, les Français semblent moins convaincus qu'il y a cinq ans que ce nouvel exécutif améliorera leur situation. Dans notre sondage BVA-Orange-Presse Régionale-RTL paru le 25 mai, ils ne sont que 41% à penser que le gouvernement Ayrault fera mieux que son prédécesseur (31% pensent qu'il fera moins bien et 27% qu'il fera ni mieux ni moins bien). Plus en détail, ils ne sont guère majoritaires à faire confiance au gouvernement pour améliorer la situation de l'emploi, du pouvoir d'achat ou de la croissance.

Enfin, dans notre baromètre de moral économique des Français BVA-Avanquest-Challenges-BFM publié le 16 mai dernier, l'indice de moral de nos concitoyens (« confiants en l'avenir » - « défiants en l'avenir ») baissait de 9 points depuis avril pour s'établir à -32 après l'élection de François Hollande. En mai 2007 ce même indice de moral avait bondi de 42 points pour passer de -25 à +17 après l'élection de Nicolas Sarkozy.

Et pourtant, cette absence d'état de grâce ou de foi en cette nouvelle équipe à impacter positivement sur la vie quotidienne des gens ne signifie pas que les nouveaux venus ne soient pas accueillis très favorablement par les Français.
Notre baromètre BVA-Orange-l'Express-France Inter de mai montre ainsi un Président et Premier ministre tout à fait populaires.
Avec 61% de « bonnes opinions en tant que Président de la République », Hollande dispose d'une popularité quasi inverse à l'impopularité de fin de mandat de Nicolas Sarkozy (66% de mauvaises opinions) et assez comparable au niveau élevé de popularité auquel le Président a pu se maintenir jusqu'à l'automne 2007.
Réciproquement, Jean-Marc Ayrault n'a rien à envier à François Fillon en termes de popularité. Avec 65% de « bonnes opinions » il se situe à un niveau jamais atteint sur notre baromètre par son prédécesseur.

2 - Les principaux ministres du gouvernement sont bien accueillis. La moitié recueille plus de 60% de jugements favorables et Manuel Valls explose même à 72%. Inversement, Christiane Taubira semble déjà fragilisée.
 
Comme le couple exécutif, les principaux ministres du gouvernement sont bien accueillis.
Leur nomination est jugée positivement par une majorité de Français pour 13 des 15 ministres testés.
En moyenne, l'accueil qui leur est fait est très satisfaisant avec 58% de Français estimant que leur nomination est « une bonne chose ». C'est à peine moins bien que l'accueil qui fut réservé aux principaux ministres du gouvernement Fillon de mai 2007. A l'époque le niveau moyen de jugements positifs était de 63%, mais dans un contexte économique moins angoissant et de véritable « état de grâce » pour le couple exécutif.
 
Dans le détail, au regard de leur popularité, on peut distinguer trois grandes catégories de ministres et un ministre totalement à part.
 
Le ministre à part est Manuel Valls.
Avec 72% de jugements positifs quant à sa nomination, celui qu'une majorité de Français (sondage BVA-Le Parisien du 7 mai) aurait souhaité avoir comme Premier ministre au soir de la victoire de François Hollande est - de très loin - le numéro 1.
Il domine de 6 points le second, Michel Sapin, et se situe 14 points au-dessus du niveau moyen de popularité de ses collègues.
Surtout, il réalise une performance tout à fait étonnante : être à la fois le seul ministre du gouvernement à être accueilli positivement (54%) par une majorité de sympathisants de droite ET AUSSI à être l'un des plus populaires auprès des sympathisants de gauche. Avec 89%, il est deuxième ex-aequo avec ses collègues Filipetti et le Drian, à seulement 1 point des deux premiers ex-aequo, Sapin et Belkacem (90% tous les deux).
 
Le premier groupe de ministres au regard de leur popularité est celui des ministres très bien accueillis avec plus de 60% de jugements favorables quant à leur nomination.
Dans cette catégorie on trouve à la fois des « poids lourds » en termes de portefeuille et d'expérience gouvernementale passée comme Moscovici (3ème avec 65%) à l'économie ou Sapin (2ème avec 66%) au ministère du Travail de l'emploi et du dialogue social, mais aussi des visages nouveaux comme Aurélie Filipetti à la culture (3ème ex-aequo avec 65%) ou Najat Vallaud-Belkacem (61%) au ministère du droit des femmes et au porte-parolat.

Les ministres de cette première catégorie en termes de popularité - auxquels il faut ajouter Jean-Yves le Drian à la Défense (62%), et à près de 60%, Marisol Touraine (59%) à la Santé et Vincent Peillon à l'éducation nationale (58%) - se situent à des niveaux assez proches de ceux de leurs prédécesseurs à leur entrée en fonction.

Le deuxième groupe de ministres concerne des personnalités elles-aussi majoritairement bien accueillies, mais suscitant moins d'enthousiasme, ne recueillant qu'un peu plus de 50% de jugements favorables quant à leur nomination. C'est le cas de ministres moins connus du grand public comme Nicole Bricq (56%) voire Marylise Lebranchu (55%) pourtant autrefois ministre de la justice, mais aussi de personnalités très connues mais suscitant un fort clivage partisan.

C'est évidemment le cas de Laurent Fabius (52%) et d'Arnaud Montebourg (50%) dont le positionnement très à gauche satisfait plus des ¾ des sympathisant du PS et de l'extrême-gauche, mais déplaît profondément aux sympathisants de la droite et du centre (seulement 17% de jugements favorables à Montebourg auprès des sympathisants de droite).
 
Enfin, un dernier groupe, composé de deux ministres semble poser problème.
Cécile Duflot et surtout Christiane Taubira ne disposent pas d'une majorité de soutien de la part des Français.
La situation est particulièrement problématique pour la ministre de la justice qui avec seulement 46% de jugements favorables à sa nomination se situe 25 point en dessous de son prédécesseur, Rachida Dati, qui était créditée de 71% de jugements positifs en mai 2007.
Il semble que le tir de barrage effectué par la droite sur le supposé laxisme de la nouvelle ministre commence déjà à porter ses fruits.

3 - Souhait de victoire aux élections législatives : la gauche est nettement en tête. Avec 55% contre 44% à la droite, elle fait mieux que le souhait de victoire enregistré en faveur de la droite en mai 2007 (50% contre 44%).
 
55% des Français souhaitent que la gauche soit majoritaire à l'assemblée nationale à l'issue des élections législatives de juin prochain.
Avec 44% de souhaits en faveur de la droite, le niveau d'avance de la gauche semble très confortable et confirme les intentions de vote déjà publiées sur le sujet.
L'appel de certains dirigeants UMP à la cohabitation et surtout leur volonté que les électeurs refusent de voir la gauche concentrer tous les pouvoirs semble donc rester vain.
 
Le rapport de force constaté pour le moment est encore plus favorable à la gauche qu'il ne l'était en faveur de la droite il y a cinq ans en mai 2007.
A l'époque, 50% des Français souhaitaient la victoire de la droite et 44% la victoire de la gauche, soit une avance de 6 points en faveur de la droite contre une avance de 11 points aujourd'hui en faveur de la gauche.
Il est intéressant de noter que les sympathisants du MoDem sont plus nombreux à souhaiter la victoire de la gauche plutôt que celle de la droite (54% contre 42%).

GAEL SLIMAN - Directeur Général Adjoint de BVA

Enquête réalisée auprès d'un échantillon de Français recrutés par téléphone puis interrogés par Internet les 23 et 24 mai 2012. Echantillon de 1 304 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l'échantillon est assurée par la méthode des quotas appliqués aux variables suivantes : sexe, âge, profession du chef de famille et profession de l'interviewé après stratification par région et catégorie d'agglomération.

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